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Douai : interdit d'exercer, il se fait embaucher à l'hôpital
Douai : interdit d'exercer, il se fait embaucher à l'hôpital
Malgré une interdiction définitive d'exercer la médecine, un homme de 64 ans a réussi à se faire embaucher comme pédiatre au centre hospitalier de Douai. Ce vendredi 21 mars 2025, le tribunal correctionnel l'a condamné pour exercice illégal de la médecine.
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Le 8 novembre 2024, l'arrestation du pédiatre Marcel Boi par la police a provoqué une onde de choc au sein du centre hospitalier de Douai. De nationalité béninoise, il avait été recruté le 20 juillet de la même année via une agence d'intérim pour pallier le manque de médecins en pédiatrie, selon La Voix du Nord. En France depuis une vingtaine d'années, Marcel Boi était recherché par la justice pour exécuter une peine de dix-huit mois de prison ferme. Cette peine avait été prononcée par la cour d'appel de Paris en novembre 2022, pour exercice illégal de la médecine.
Une interdiction définitive d'exercer
Bien que diplômé en pédiatrie, Marcel Boi était sous le coup d'une interdiction définitive d'exercer depuis sa condamnation en janvier 2018 pour homicide involontaire. La justice l'a reconnu responsable de la mort d'un nourrisson en région parisienne, entraînant sa radiation de l'ordre des médecins.
Traqué dans toute la France
La justice a retrouvé la trace de Marcel Boi en octobre 2024 grâce à un signalement du conseil de l'ordre de Seine-Saint-Denis. Le centre hospitalier d'Aurillac venait de l'embaucher comme pédiatre. Après seulement quatre jours de travail, il était déjà soupçonné d'une grave erreur de diagnostic, faisant l'objet d'une enquête pour blessures involontaires sur un nouveau-né.
Les policiers ont localisé son téléphone à Dechy, et plus précisément au centre hospitalier de Douai. Marcel Boi savait pertinemment qu'il n'avait plus le droit d'exercer, mais il était convaincu de pouvoir reprendre son activité en attendant l'annulation de ses condamnations. Cependant, les décisions judiciaires étaient définitives.
Une "personnalité paranoïaque"
Lors de son procès, le juge Benoît Gineprino a insisté sur l'incompréhension de Marcel Boi face à son interdiction d'exercer. Ce dernier, souffrant d'une "personnalité paranoïaque" selon un psychologue, a multiplié les recours judiciaires sans succès.
Le procureur Cyril Delhaye a souligné le danger que représentait Marcel Boi pour les patients, mettant en avant son absence de remise en question et sa détermination à continuer d'exercer malgré l'interdiction.
Une condamnation sévère
Marcel Boi a été condamné à quatre ans de prison ferme, la peine maximale, et à 20 000 € d'amende. Il devra également verser 1 500 € aux deux hôpitaux concernés. Il a annoncé son intention de faire appel.
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