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Arras : 150 euros d’amende pour les personnes ivres arrêtées sur la voie publique

À partir du 1er mai 2025, la ville d'Arras mettra en place une mesure inédite : la facturation de 150 € pour toute personne interpellée en état d'ivresse publique manifeste et nécessitant une prise en charge. Cette décision vise à responsabiliser les comportements liés à la consommation excessive d'alcool et à réduire la mobilisation des forces de l'ordre.

Une mesure pour lutter contre l'ivresse publique

La municipalité d'Arras justifie cette mesure par une augmentation significative du nombre de personnes interpellées en état d'ivresse publique manifeste. 

« Cinquante-trois personnes ont été ramassées ivres en 2022, l’année de la création de la brigade municipale de soirée. Le nombre est passé à 89 en 2023 et 90 l’an dernier », rapporte La Voix du Nord.

« Chaque prise en charge nécessite une mobilisation importante des policiers municipaux »,  selon Pascal Lefebvre, adjoint à la sécurité  

La procédure, qui consiste à conduire les personnes ivres à l'hôpital pour un certificat médical avant leur placement en cellule de dégrisement, mobilise les agents pendant « 1 h 30 à 3 heures », les empêchant de réaliser d'autres missions.

Une mesure dissuasive, mais controversée

La ville d'Arras espère que cette facturation de 150 € aura un effet dissuasif. 

« D’après lui, la facturation des frais, déjà appliquée depuis peu par les villes de Tourcoing, Valenciennes, Troyes ou Denain (où la facture est même de 300 euros) peut être dissuasive », explique Pascal Lefebvre.

Cependant, cette mesure suscite des réserves, notamment de la part du groupe d'opposition Arras Écologie

« S’ils estiment « tout à fait normal de faire payer les personnes » qui créent « des situations de débordements dans le centre-ville notamment », ils considèrent la mesure inadaptée à un autre public : les sans domicile fixe.  Bien évidemment, ils n’ont pas les moyens de payer ces 150 euros. Sur ces profils en immense détresse, qui ont besoin de soins, est-ce que la ville fera preuve de clémence ? », rapporte Alexandre Cousin

La ville se défend et appelle au discernement

Le maire d'Arras, Frédéric Leturque, se défend en affirmant être « à la fois ferme et compréhensif » sur le sujet. 

La mesure, qui entrera en vigueur le 1er mai 2025, soulève des questions sur son application et son impact sur les personnes en situation de précarité. La ville d'Arras devra faire preuve de discernement et de pédagogie pour éviter toute dérive. 

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